EGLISE SAINTE-AGATHE DE LONGUYON
Longuyon est située sur un méandre de la Chiers, affluent de la Meuse. La ville se trouve sur une crête rocheuse, site occupé depuis la période antique, comme en témoignent de nombreuses sépultures gallo-romaines retrouvées dans la première moitié du XIX ème siècle.Au XI ème siècle, Longuyon est la possession des bénédictins de Trèves. De cette époque date sans doute le clocher roman, muni de meurtrières qui prouvent son rôle défensif. Au XII ème siècle, l'église devient collégiale.
Hormis le clocher, l'édifice est reconstruit en calcaire jaune des carrières locales, avant 1270, dans le style du premier gothique.
De plan basilical, à chevet polygonal, l'église offre un volume particulièrement homogène sans discontinuité entre la nef et le choeur, manifestement inspiré par l'architecture d'Île-de-France. L'entrée dans l'édifice se fait par un portail situé à droite du clocher, portail protégé par une bretèche en pierre mise en place ultérieurement. A l'intérieur, la nef voutée sur croisée d'ogives est constituée de quatre travées à deux étages; on peut noter les élégantes rosaces à six lobes en partie haute de la troisième travée.
Toutefois, l'église a été construite avec des contreforts insuffisants pour s'opposer à la poussée des voûtes, ce qui a entraîné le déversement des murs latéraux. Ainsi, au XIX ème siècle, les voûtes menacent de s'écrouler. En 1875, le curé Jean Guérard les fit consolider en plaçant des tirants de fer traversant la nef; il obtenait à la même date le classement de l'église parmi les monuments historiques.
La guerre de 1914-1918, ainsi que celle de 1939-1945 ont été néfastes à l'édifice. La toiture a été refaite depuis mais les voûtes n'ont pas été épargnées. Aux détériorations subies s'ajoutent le vieillissement des mortiers et des tassements qui ont engendré des mouvements localisés qu'il a fallu stabiliser. Des travaux de restauration importants ont été entrepris de 1983 à 1990 pour remédier au déversement des murs des bas-côtés par la création d'un ensemble de contrebutement en béton armé.
Ce dispositif s'est accompagné de la mise en place de nouveaux tirants en partie haute, réalisé en fibre de carbone pour gagner en discrétion. Après la mise en oeuvre de ces techniques innovantes, la suite des travaux a consisté, de 2001 à 2004, à la restauration générale des intérieurs. Enfin, l'année 2005 voit l' achèvement de l'assainissement par un drainage extérieur. La restauration du parvis achèvera la mise en valeur de ce bel édifice.
Sur les dix dernières années, l'ensemble de ces travaux s'élève à un montant de 440 000 €, financés à 50% par l'Etat, ministère de la Culture. Le partenariat financier a engagé à la fois la commune propriétaire, le conseil général et l'association de "sauvegarde de l'église de Sainte-Agathe", cette dernière ayant réussi à prendre en charge 10% du montant des travaux.
RETOUR
copyright 2008